Aquaplanage : comment le déjouer ?

Catégorie : Pneumatique
Publié par : EDISPO.COM

C’est avec les giboulées de printemps puis les orages d’été que le risque d’aquaplanage est le plus important. Or, avec leurs pneus toujours plus larges, nos voitures y sont de plus en plus sensibles.
Trop d’eau ! C’est ainsi qu’on pourrait résumer le phénomène de l’aquaplanage, caractérisé par une accumulation d’eau entre les pneus et la route, leur faisant perdre leur contact. Le conducteur a alors la sensation que son véhicule se met à glisser sur sa lancée sans pouvoir en modifier la trajectoire.

  • La bonne réaction : ne pas réagir

Mauvaise nouvelle ! il n’existe pas de manœuvre miracle pour retrouver de l’adhérence ou rétablir sa trajectoire. Tout au plus faut-il ne pas aggraver la situation en évitant toute manœuvre brusque. Pour cela, il faut garder ses mains dans la même position sur le volant et ne surtout pas toucher aux freins, ni ralentir brusquement, ce qui, en freinant les roues, limiterait leur capacité d’évacuation d’eau et augmenterait l’effet “surf”. Généralement, le véhicule retrouve son adhérence de lui-même et parfois le conducteur ne s’est rendu compte de rien. Mais en courbe, le risque de sous-virage et de sortie de route est réel. Et même en ligne droite, en cas de fort vent latéral, une dérive de la trajectoire est possible.

  • Huit pneus pour tenir la route

Pour repousser le seuil de déclenchement de l’aquaplanage, il est conseillé de rouler avec des pneus profil pluie, également appelés pneus “été”, conçus pour “briser” le film d’eau et la chasser vers les côtés. De ce point de vue, leurs sculptures asymétriques et très profondes se montrent particulièrement performantes. Et leur gomme est davantage “hydrophobe”, car elle contient un plus fort pourcentage de silice. Enfin, évitez les fausses bonnes solutions, comme de rouler avec des pneus “hiver” à la belle saison. Certes, leurs sculptures plus profondes (plus de 9 mm) peuvent théoriquement évacuer plus d’eau, mais ces gommes sont optimisées pour des températures inférieures à 7°. Au-delà, leur adhérence et leur longévité se dégradent rapidement. Pour les gros rouleurs, l’idéal est d’investir dans un train de pneus “hiver” et dans un autre “été”, et de les permuter au gré des saisons. L’investissement ne dépasse pas 1000€ (avec quatre jantes en tôle), et si les pneus sont convenablement stockés, ils pourront être utilisés jusqu’à leur cote d’usure.

  • Un œil sur la pression et l’usure

Veiller à maintenir la pression préconisée par le constructeur est la première précaution : un pneu avachi offre plus de surface de contact et surfe donc plus facilement. Par ailleurs, si les capacités d’évacuation d’eau sont optimales avec un pneu neuf - dont les sculptures mesurent 7 à 8 mm de profondeur - , elles se dégradent nettement lorsque cette profondeur n’est plus que de 3.5 mm, et deviennent très médiocres lorsqu’on approche la profondeur minimale autorisée (1.6 mm). Et sur les véhicules récents, on atteint vite la cote d’alerte car les pneus sont plus tendres, et deviennent donc lisses plus tôt. Enfin, gare aux amortisseurs trop souples : ils empêcheront le pneu d’exercer une pression suffisante au sol pour briser le film d’eau en traversant une flaque.

  • A la bonne vitesse au bon endroit

Sous une forte pluie, il ne faut pas hésiter à réduire l’allure en deçà des 80 où 110km/h autorisés, pour repousser le seuil d’apparition de l’aquaplanage. Il faut aussi surveiller les traces de pneus laissées par le véhicule de devant ou, d’un coup d’oeil dans la rétroviseur central, celles de ses propres pneus : plus elles sont étroites, plus la capacité d’évacuation d’eau des pneus tend à saturer. Dans ce cas, il faut rouler dans les traces laissées par le véhicule précédent pour passer là où la pellicule d’eau est la plus fine, tout en respectant les distances de sécurité. Attention toutefois, sur autoroute, à ne pas rouler dans le sillon creusé dans l’asphalte par les poids lourds sur la voie de droite où l’eau peut s’accumuler. Enfin, même après un orage, la vigilance reste de mise pour repérer d’éventuelles poches dans lesquelles l’eau pourrait se stocker (faux plats, cuvettes…). Attention à ne pas réaccélérer sur un revêtement en enrobé drainant, apparemment bien asséché : il arrive que ces enrobés s’obstruent et que l’eau s’y accumule en flaques.

  • D’autres facteurs de risque

Tous les véhicules ne sont pas égaux devant le risque d’aquaplanage. Plus la bande de roulement est large, moins la pression par cm2 est forte. Donc, même si leur aspect est plus attrayant, mieux vaut éviter d’opter pour des pneus plus larges que ceux préconisés par le constructeur. Et en raison de la largeur de leurs pneumatiques, 4×4 et grosses berlines sont, malgré leur poids, plus vulnérables.

Source : Auto-Moto n°143 / Par Jean-Philippe ARROUET

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