Sécurité et pneus hiver font bon ménage !
Catégorie : Pneumatique
Publié par : EDISPO.COM
Le froid, la pluie, la neige, le verglas, rendent les routes glissantes - parfois très glissantes - donc beaucoup plus dangereuses. Une seule solution pour ne pas être victime des pièges de l’hiver : mettre ses pneus été à la cave et s’équiper de quatre bons pneus hiver.

Qu’on veuille bien nous crire si nous affirmons - mais est-ce bien nécessaire ? - qu’aucune considération commerciale ou publicité ne nous incite à conseiller fermement l’utilisation de pneus “hivers” pendant la saison froide. C’est un “conseil d’ami” qui s’adresse à tous les automobilistes qui ne roulent pas saulement dans une grande ville, où des dizaines de miliers de moteurs et de soupiraux ou de fenêtres ouvertes dégagent des tonnes de calories et où les services de la voirie sont très actifs. Mais pour ceux qui doivent emprunter souvent des routes pas très fréquntées, pas très vite déneugées, ou qui vont aux sports d’hiver en voiture avec leur petite famille, continuer à rouler, en cette saison de neige et de froidure, en pnus été, c’est faire preuve d’un bel optimisme… Surtout si ces pneus commencent à être un peu sec et un peu dur. On l’a bien vu, dans les tous premiers jours de janvier, où des brouillards givrants ont soudain rendu des routes très glissantes et provoqué des centaines d’accidents.
- 7°C : la limite fatidique
Lors du 7ème “Baromètre Pneumatiques” organisé il y a quelques semaines par Speedy, Isabelle Boric, de Godyear-Dunlop France, évoquant les sceptiques qui disent : “Chez nous, on n’a pas vu la neige depuis 10 ans” à rappelé qu’il ne neigera peut-être pas partout cet hiver, mais que le thermomètre en France, quelle que soit la région, descendra sous la température de “transition vitreuse”, qui se situe à 7°C environ. C’est la température au-dessous de laquelle la gomme des pneus été durcit et perd beaucoup de sa capacité d’adhérence. Les pneus hiver, en revanche, sont moulés dans une gomme spéciale, riche en caoutchouc naturel, qui reste souple et adhérente à basse température. Et ils ont au plus une bande de roulement aux dessins spécialement étudiés pour adhérer de façon optimale sur sol mouillé, glacé ou enneigé. Ce n’est donc pas seulement lorsqu’il neige que les pneus hiver sont précieux pour notre priorité, mais dès qu le thermomètre descend au-dessous de 7°C. Et sous une forte pluie, leurs profondes sculptures constituent la meilleure des garanties contre les risques d’aquaplanage ( phénomène qui isole la voiture de la chaussée en la maintenant sur des coins d’eau qui se forment devant les pneus don la bande de roulement n’est pas en mesure d’évacuer assez d’eau : la voiture ne réagit plus ni aux coups de freins ni aux coups de volant !) En outre, la bande de roulement des pneus hiver comporte cinq fois plus de lamelles radiales que celle des pneus été. Et ces lamelles, agissant comme des petites raclette sur la chaussée, assurent un “grip” (un”accrochage” au sol, en quelque sorte) qui améliore beaucoup la motricité et le freinage. Autour de 0°C, sur route mouillée, à 90 km/h, on s’arrête 5 mètres plus tôt avec des pneus hiver (54 m au lieu de 59) et sur route enneigée, à 50 km/h, on gagne 23 m : 40 m au lieu de 53 ! Et il peut s’en passer, des drames, sur plus de 20 m ! Pas étonnant que les pneus hiver soient obligatoires dans les pays nordiques et très utilisés en Allemagne, où leur montage est exigé par certaines sociétés d’assurances.
- Pas tellement chers, les pneus hiver !
Dans l’esprit de bien des automobilistes, s’équiper de pneus hiver est coûteux. Encore ne savent-ils pas toujours qu’il est dangereux de n’en monter que sur les 2 roues motrices, parce que cela rend la voiture très survireuse (l’arrière des “traction”, moins adhérent, glisse vers l’extérieur des courbes) ou très sous-vireuse (les “propulsion” obéissent mal à leur volant). Dans les deux cas (dans les trois, si l’on songe aux quatre roues motrices), le tête-à-queue devient un risque majeur. Donc, il faut monter 4 pneus hiver, et ils sont un peu plus chers que les pneus été. Il est facile (mais juste) de dire qu’ils ne sont chers…qu’avant l’accident. Mais comme l’accident, c’est toujours pour les autres, ajoutons que pendant qu’on roule en pneus hivers (environs 5 mois), on n’use pas ses pneus été ! De ce fait, si l’on conserve la même voiture 3 ou 4 ans, on est “gagnant-gagnant”! Car sur sol glissant, la bonne adhérence des pneus hiver fait qu’ils s’usent moins que des pneus d’été qui patinent et dérapent souvent. Et pour que le changement des 4 pneus, deux fois par an, soit facile et peu coûteux, le mieux est de les faire monter une fois pour toutes sur un jeu de jantes sur lesquels ils resteront toute leur vie. Cela évite 8 démontages, 8 remontages de pneus et 8 équilibrages de roues chaque année. Pour l’hiver, des jantes en tôle, les moins chères, suffisent bien. En outre, vous pouvez réduire la facture en prenant des pneus d’un indice de vitesse inférieur à celui des pneus été montés à l’origine (1), donc moins chers (2). Dites-vous aussi que l’efficacité de l’ABS et de l’ESP passe obligatoirement par celle des pneus. Les manufacturiers ont une règle facile à mémoriser en ce qui concerne les pneus hiver : “4-4-4″. Ce qui signifie : monter 4 pneus, les utiliser 4 hivers au maximum et les remplacer quand la profondeur des sculptures n’est plus que de 4 millimètres. Aujourd’hui, c’est l’appellation “pneus hiver” qui s’est imposée à la place de “pneus neige”, qui donnait à penser qu’ils étaient valables que pour la neige, et de “pneus M+S” (boue + neige en anglais) même si ce signe américain doit toujours être marqué sur le flanc des pneus hiver. En fait, ce marquage ne constitue pas une vraie garantie de spécificité hivernale. Après discussions, les manufacturiers se sont mis d’accord sur un nouveau label hiver, désormais clair et indiscutable : le Windex, qui représente un flocon de neige sur un fond de trois pics neigeux. Il faut souligner qu’ils sont aussi confortables, aussi peu bruyants que le pneus été et ne s’usent pas plus vite. Ils représentent donc, en matière d’équipement, la dépense (modeste) la plus justifiée qui soit.
(1) Dans ce cas, un autocollant visible par le conducteur doit indiquer la vitesse maxi autorisée par ces pneus.
(2) Par exemple, pour une Renault Mégane, la différence entre un 205/55R16 H été et le même pneu hiver en indice T (qui peut, techniquement, rouler à 190 km/h) n’est que de 11€ environ.
Sources - Revue Automobile Medicale N°475 (janv/fév 2008) - Jean Fondin







