Témoin d’un accident : comment bien réagir ?
Catégorie : Infos pratiques
Publié par : EDISPO.COM
Face à un accident, la loi oblige à s’arrêter et punit ceux qui passent leur chemin. Mais s’arrêter pour faire quoi ?

Paradoxalement, malgré l’essor du téléphone mobile et du GPS, l’alerte donnée lorsqu’on est témoin d’un accident de la route n’est pas toujours appropriée. Faute d’indiquer précisément le lieu et les circonstances des faits, les secours perdent un temps précieux. C’est pour cette raison qu’il est préférable, sur autoroute, voies rapides et dans les tunnels, d’utiliser les bornes d’appel disposées tous les 2 kilomètres plutôt que le mobile. Elles permettent d’être immédiatement localisé et mis en relation directement avec les secours concernés. En outre, même sans être formé aux gestes de secourisme, on peut être utile en adoptant de bons réflexes qui se résument à trois étapes : protéger, alerter et secourir.
- Protéger, pour éviter un sur-accident,
En l’absence de triangle de signalisation, il faut disposer son véhicule avec ses feux de détresse allumés à plusieurs dizaines de mètres en amont de l’accident. Lorsqu’on en est équipé, il faut se garer sur le bas côté à distance de l’accident et placer le triangle à environ 200 mètres de l’accident. Quant cela est possible, couper le contact de la voiture accidentée. La nuit, il est préférable d’enfiler un gilet rétro-réfléchissant (avant de sortir de la voiture, ce qui implique de le garder dans la boîte à gants plutôt que dans le coffre) et d’avertir les autres automobilistes par des signaux afin qu’ils ralentissent. Ensuite, une fois que l’on est sûr que d’autres véhicules ne vont pas s’imbriquer dans le choc originel, c’est le moment de donner l’alerte.
- Donner l’alerte efficacement
D’un téléphone mobile, on peut appeler soit les pompiers, par le 18 (ou le 112, valable dans tous les pays de l’Union Européenne), soit d’emblée le Samu par l’intermédiaire du 15 lorsque le situation médicale semble grave. Ces deux services gratuits étant en interconnexion, il est inutile d’appeler les deux. Il va falloir tout d’abord préciser le lieu exact de l’accident (le GPS peut s’avérer très utile!), en donnant le sens de circulation pour éviter aux ambulances de rebrousser chemin, éventuellement l’itinéraire à suivre, et la nature de l’accident (nombre de véhicules en cause, GPL ou produits dangereux, état apparent des véhicules, choc frontal, arrière ou latéral, victimes incarcérées ou éjectées…) puis évaluer le nombre de victimes, leur état de conscience et, si possible, la gravité apparente des blessures. Il ne faut pas oublier de laisser ses coordonnées téléphoniques exactes. Il est également possible de dépêcher quelqu’un pour diriger les secours. A leur arrivée, il faudra expliquer aux soignants et aux pompiers les circonstances de l’accident, si on les connaît, et le cas échéant les gestes qui ont été prodigués aux victimes.
- Secourir : les geste à faire…
N’importe qui peut effectuer les premiers gestes d’urgence. L’essentiel est de garder son sang-froid et de faire preuve de bon sens. A commencer, lorsqu’il y a plusieurs blessés, par secourir en premier celui dont l’état (arrêt cardio-respiratoire, comateux, hémorragique…) paraît le plus critique.
En cas d’hémorragie externe. Les hémorragies artérielles sont préoccupantes car elles font craindre le fameux “choc cardiaque”. Le sang artériel sort en jet. Le meilleur moyen de circonscrire un saignement abondant est de pratiquer un point de compression sur la plaie en appuyant fort avec son poing fermé.
En cas de brûlures. Il est capital de refroidir la peau dans les minutes qui suivent une brûlure. En effet, la chaleur continue de progresser vers la profondeur de la peau, jusqu’à menacer la couche vitale. Lorsque c’est possible, il faut asperger la victime d’eau froide (jamais glacée) pendant au moins 15 minutes. Ce simple geste peut suffire à transformer le pronostic d’une brûlure. Puis protéger le blessé avec une couverture de survie pour lutter contre la perte thermique.
Pour faciliter la respiration. Ouvrir la bouche de la victime afin de libérer les voies supérieures et les dégager si besoin (appareil dentaire, sang…). De même, la ceinture du pantalon et la cravate doivent être desserrées.
- …et ceux à ne pas faire!
Sortir un blessé de sa voiture. Seuls un véhicule en feu ou une victime en arrêt-respiratoire (pour pratiquer un massage cardiaque et le bouche-à-bouche sur la victime allongée sur le dos) vous autorisent à dégager la victime lorsque les secours risquent d’arriver trop tard. S’il faut absolument le faire, il est nécessaire de s’assurer que la tête et le cou soient dans l’alignement du reste du corps afin de protéger la moelle épinière. Pour les mêmes raisons, il ne faut jamais essayer de retirer son casque à un motard accidenté.
Donner à boire à une blessé car il peut devoir être opéré en urgence.
Mettre un garrot en cas d’hémorragie. Celui-ci risque de stopper toute circulation sanguine.
Essayer de retirer un vêtement à un brulé.
CE QUE LA LOI DIT
Selon l’article 223-6 du Code pénal, ne pas porter secours à une personne en danger, soit par soi-même, soit en ne prévenant pas les secours, entraîne une peine allant jusqu’à cinq ans de prison et 75000 euros d’amende. De même, l’article 434-10 du Code pénal stipule que tout conducteur impliqué dans un accident et qui ne s’arrête pas commet un délit de fuite et est puni d’une peine allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30000 euros d’amende.
Source : Auto-Moto n°144 / Par Daniel GLOAGUEN







