LONGS TRAJETS, GRANDES CHALEURS
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Publié par : EDISPO.COM
EVITER LA SURCHAUFFE DU MOTEUR
Une voiture qui s’accommode parfaitement des petites trajets quotidiens et des week-ends à la campagne n’est pas forcément parée pour la fournaise des départs en vacances. Revue de détail.
Que ce soit par insouciance ou manque de temps, prendre la route des vacances avec une voiture encrasée et qui n’a pas subi de révision peut exposer à de pénibles désagréments. Longs trajets, chargement, embouteillages, fortes chaleurs, toutes les conditions sont réunies pour mettre en péril le bon fonctionnement du moteur et d’autres organes. Pourtant, quelques précautions élémentaires, avant le départ, et certains conseils de conduite permettent d’éviter les ennuis, ou d’en atténuer les effets.
- Avant le départ
Si la voiture roule essentiellement en ville, la révision doit comporter une vidange, l’huile moteur étant oxydée par les multiples démarrages et les petits trajets à froid. Bon à savoir, un grade plus élevé (dans la limite des préconisations constructeur) favorise la tenue à chaud, car les fortes chaleurs fluidifient l’huile et en augmentent la consommation. Ainsi une 15W50 conservera mieux sa viscosité qu’une 10W40. En effet, une voiture qui ne consomme pas d’huile en temps normal peut, dans ces conditions, consommer jusqu’à 1l/1000 km. Bien évidemment le filtre à huile sera également remplacé lors de l’opération. Viendront ensuite les remplacements des filtres à air, à gazole sur les diesels, et, sur les essence effectuant essentiellement de petits trajets, des bougies d’allumage. Des bougies encrassées peuvent favoriser l’auto-allumage par grande chaleur. On n’oubliera surtout pas le circuit de refroidissement, qui se vidange tous les deux ans (ou tous les 30000 km), afin de conserver au liquide toutes ses propriétés, et principalement, ici, sa capacité à évacuer la chaleur. Pour les mêmes raisons, on fera vérifier le radiateur et les durits du circuit de refroidissement : une mise en pression chez un professionnel permet de s’assurer de l’absence de fuite sur la totalité du circuit. La vérification, voire le remplacement préventif, de la courroie “d’accessoires” qui entraîne alternateur et pompe à eau permet d’éviter sa casse sur la route avec, à la clé, un joint de culasse ou un moteur endommagé. On pourra aussi vérifier soi-même que le moto-ventilateur électrique de refroidissement fonctionne bien. C’est un équipement rarement sollicité sur les voiture parcourant essentiellement de la route, mais il le sera au premier bouchon. Pour ce faire, une fois le moteur chaud, laisser tourner la voiture au ralenti, jusqu’à son déclenchement, qui doit intervenir quand l’aiguille de température dépasse la partie médiane de l’indicateur de température d’eau, et en tout cas avant la zone rouge. Dans le cas contraire, arrêter le moteur et laisser refroidir avant d’aller consulter un professionnel. Autre vérification importante, la teneur en eau du liquide de freins. Celle-ci ne doit pas dépasser un certain seuil sous peine de “vapor lock” : pédale au plancher, les freins ne répondent plus. Si le liquide a atteint deux ans, la vérification est inutile : il doit être purgé et remplacé.
- Sur la route
Après une montée de col ou tout effort important ou prolongé du moteur, ne surtout pas le couper dès l’arrêt, mais plutôt le laisser tourner au ralenti une minute pour le laisser refroidir. Un arrêt brutal à chaud peut endommager le joint de culasse et même, à la longue, déformer les sièges de soupapes par manque de refroidissement du haut moteur. Enfin, ceux qui tractent remorque, caravane ou bateau devront, lors de la montée d’un col, rouler plutôt à haut régime (en seconde, à 4000 tr/mn) que sur le couple (en troisième à 2500 tr/mn), car le débit du circuit de refroidissement et de la pompe à huile sera plus élevé, et le refroidissement meilleur.
- En cas de souci
Si, malgré tout, la température d’eau grimpe anormalement, et que l’arrêt est impossible, il faut mettre chauffage et ventilation à fond pour prélever l’excès de chaleur en dérivant une partie du liquide de refroidissement. Très inconfortable, mais cela peut sauver le joint de culasse. A l’arrêt, on vérifiera que la courroie d’accessoires est toujours en place (le voyant de batterie devrait s’allumer en cas de casse puisqu’elle entraîne aussi généralement l’alternateur) et que le moto-ventilateur se déclenche. Si ce n’est pas le cas pour ce dernier, il faut relier entre elles les deux fiches situées sur le relais de celui-ci. contact mis, il doit alors fonctionner en permanence, permettant de rejoindre à faible allure le garage le plus proche. En cas de fuite de liquide de refroidissement, de l’eau du robinet ou minérale permet de faire l’appoint en dépannage. attention à la vapeur qui peut sortir du vase d’expansion à son ouverture ; protéger sa main avec un gros chiffon pour l’ouvrir. Enfin, après une descente de col, surtout si elle est ponctuée de freinages pour cause d’embouteillage, on évitera, à l’arrêt, de garder le pied sur le frein et l’on utilisera de préférence le frein à main, moteur tournant, afin d’éviter que les disques de freins très chauds ne détériorent les plaquettes. Si le moteur est coupé, on engagera un rapport.
Source : Auto-Moto n°114 Août 2004 - Nicolas LE FRANCOIS







