MOTEUR ENCRASSÉ, QUE FAIRE ?
Catégorie : Pièces détachées
Publié par : EDISPO.COM
Démarrage difficile, surconsommation, fumée, ralenti instable, perte de puissance… votre moteur est peut-être encrassé. Des solutions permettent de lui redonner de sa superbe.
Hormis les modèles électriques et, dans une moindre mesure, ceux fonctionnant au gaz (GPL et GNV présentant un pouvoir décalaminant), tous les véhicules sont susceptibles de s’encrasser. Inhérent à la combustion, ce phénomène est néanmoins lié à l’usage que l’on a de sa voiture ; et a une incidence énorme sur sa consommation.
Les causes de l’encrassement
Les véhicules les plus touchés sont ceux circulant principalement en ville. Généralement courts, les trajets ne permettent pas toujours au moteur d’atteindre une température de fonctionnement correct (eau à 90°). En effet, du carburant se condensant sur les parois des cylindres, la combustion est alors incomplète, ce qui entraîne une forte production de résidus (suie, carburant imbrûlé…). De plus, la condensation présente dans l’échappement des véhicules séjournant en extérieur et/ou multipliant les petits déplacements favorise la redéposition des particules sur les parois, notamment du catalyseur, lequel n’est efficace qu’à chaud, augmentant le risque de colmatage. Par ailleurs, le filtre à air se salit plus rapidement en milieu urbain, ce qui limite le débit d’oxygène, source de mauvaise combustion et donc d’encrassement rapide. Enfin, les accélérations en sous-régime, typiques d’un usage citadin, accentuent le phénomène.
Les éléments touchés par l’encrassement sont différents selon le type de moteur. Sur un diesel, les suies peuvent s’accumuler dans l’échappement et le pot d’oxydation, au point d’étouffer le moteur. Autre source de problème, la vanne de recyclage des gaz d’échappement (EGR). Afin de limiter la pollution, elle réinjecte lors de certaines phases de fonctionnement moteur une partie des gaz d’échappement – donc chargés en suie – dans la tubulure d’admission d’air frais, afin qu’ils soient brûlés une seconde fois. Bloquée en position ouverte, elle étouffe et encrasse rapidement le moteur. Sur un bloc carburant au sans-plomb, les premiers éléments touchés sont les bougies d’allumage, qui se couvrent de calamine, plus rarement les sièges de soupapes d’échappement – ce qui nuit à leur étanchéité – et le catalyseur qui ne remplit plus son office.
Détecter le phénomène
Sur un véhicule diesel, une fumée noire à l’échappement lors des fortes accélérations peut –être synonyme d’encrassement. Elle provient de l’élimination, due à l’augmentation du débit des gaz et de la chaleur, des suies présentes dans le conduit d’échappement. Attention, ces fumées symptomatiques sont inexistantes sur les moteurs équipés d’un filtre à particules (FAP). En effet, ce filtre, situé après le collecteur d’échappement, stocke puis élimine les particules traditionnellement rejetées dans les fumées. Il est alors plus difficile d’identifier le problème. Néanmoins, les performances d’un bloc diesel encrassé baissent : accélérations moins franches, difficultés à prendre des tours. A long terme, les suies peuvent obstruer le FAP, voire le conduit échappement, réduisant drastiquement la puissance du moteur.
Même si les bougies n’ont pas la même fonction sur les moteurs essence et les diesels (respectivement bougies d’allumage et de préchauffage), encrassés, elles altèrent le démarrage. Dès les premières difficultés, faites-les contrôler pour éviter d’abîmer le moteur (déséquilibre entre les cylindres). Si vous ne détectez pas l’encrassement avant le contrôle technique, le rapport du test de pollution à de fortes chances de le faire pour vous. Le véhicule risque alors d’être recalé
- L’art du décrassage
Par la conduite. Evitez d’écraser la pédale d’accélérateur à chaque démarrage. En effet, la richesse du mélange à pleine charge et à bas régime favorise l’encrassement. Il est préférable d’accélérer au fur et à mesure que le moteur prend des tours. Plus radical, faites un dizaine de kilomètres sur autoroute à 130 km/h sur l’avant dernier rapport de transmission, soit un régime d’environ 3500 tr/min pour un diesel et 4500 tr/min pour un essence. Cela fera du bien au moteur et à l’éventuel FAP. Les températures atteintes vont être suffisamment élevées pour décoller et brûler naturellement les suies. Répéter l’opération tous les 5000 km permet de conserver un moteur propre.
Par la chimie. Des additifs (désormais sans chlore) permettent de nettoyer injecteurs, soupapes, conduits d’échappement… (environ 30). Mais il faut les utiliser avec précaution lorsque le moteur est fortement encrassé. En effet, si des « croûtes » de suie sont décolées dans la chambre de combustion, elles ne peuvent pas être intégralement éliminées. Leurs résidus risquent d’endommager la segmentation et le cylindre, ou de se coincer dans une soupape. Mieux vaut donc procéder avant l’utilisation d’additifs à un décrassage par la conduite.
Par la mécanique. Parfois, une intervention mécanique est obligatoire. Des bougies calaminées doivent être remplacées, tout comme un filtre à air sale, un catalyseur ou un pot d’oxydation obstrués. En revanche, une vanne EGR grippée n’est pas systématiquement à changer, elle peut être nettoyée. Enfin, des sièges de soupapes calaminés nécessitent un déculassage pour une réfection du haut moteur.
SOURCE : Action AUTO MOTO N° 157 Juillet 2008 - Matthieu CAYROL







